Lorsque je suis partie pour Sumatra en mai 2005, l'urgence tsunami était passée. On parlait alors de reconstruction sans trop savoir combien d'années il faudrait pour reconstruire.  La Singapour Airlines avait "sponsorisé" mon billet par le biais de la Fondation pour laquelle je partais comme bénévole. En plus du prix presque symbolique que je payais, la compagnie aérienne m'autorisait une surcharge de bagages de 50Kg. Jouets, vivres, gadgets en tous genres, je suis arrivée les bras chargés de cadeaux.

S'il paraît simple comme cela, d'arriver avec des cadeaux, la réalité est tout autre quand on parle du tsunami. Comme tout le monde, j'avais vu les images à la télé, sur internet, dans les médias, les magazines partout. Une chose avait marqué mon esprit comme celui de millions de gens: la mort, omniprésente partout.

Je voulais donner ce que j'avais de meilleur, mais le sourire des poupées n'apporte aucun espoir. J'ai donc choisi d'apporter des fleurs en graines pour fleurir les tombes, et comme j'en étais à la collecte de semis, autant ramener des tomates, des meulons, du basilic, du persil, des radis, des petits poids pour planter des jardins.

C'était drôle au début. Quand je suis arrivée sur le camp avec mes valises, j'ai sorti le pain, le camembert, le pâté et le jambon. Les expats "sans frontières", pompiers et pharmaciens ont savouré le parfum que je ramenais de France et dans l'hilarité de mes graines de jardin, je suis devenue la paysanne des goûters de tartines. Même les Néo Zélandais sont venus me négocier l'assiette pour changer de la routine fade et sans saveurs. C'est donc tout naturellement que "Paysans Sans Frontières" est né, terme péjoratif d'abord, symbole de sourire et d'hilarité, cette appellation est devenue une véritable marque de fabrique, dont la philosophie est probité. 

 

NOTRE PHILOSOPHIE

Les hommes d'aujourd'hui ne sont pas ceux d'hier, mais quand on cherche nos racines c'est la paysannerie qui nous sert d'exemple. La rusticité évoque le détachement aux valeurs matérielles, le pastoralisme s'oppose aux excès de la consommation, l'humilité des âmes simples s'oppose à la prétention de tout savoir, la cordialité est un adage raffiné contre l'égoïsme d'une urbanité pervertie par le noyau. La franchise dit les choses droites là où l'hypocrisie chancelle devant l'ingénuité que la candeur répand, sème, fleuronne comme un accent de soleil dans notre grisaille moderne.

Zen ou paysan. L'avantage du deuxième est qu'il dépasse les clivages de la philosophie moderne pour rendre à l'homme son histoire, ses coutumes, ses traditions. Le paysan est universel à toutes nations, il compose le paysage social, naturel et économique. Riche ou pauvre, le niveau de vie du paysan révèle l'état de santé du pays, son niveau de développement, son niveau de conscience d'être au monde l'artisan de la nature.

Depuis l'aube des temps, la paysannerie a contribué à développer le progrès social en sédentarisant les peuples autour de l'élevage et de l'agriculture. Les systèmes de croyances et l'organisation sociale sont venus asseoir les bases de ce qu'est aujourd'hui la société moderne. Compter, calculer, quantifier, prévoir, anticiper, toutes ces notions qui font les sciences modernes sont apparues avec l'agriculture et le monde de la paysannerie.

A gauche, scène agraire de l'Egypte ancienne.

A droite, papyrus de Rhind datant de 1650 av.JC comprenant 87 problèmes mathématiques datés d'environ 1850 av-JC sur la division et la répartition des ressources agricoles.


Cliquez sur les images pour agrandir

Le monde de la ferme est un écosystème dont le village est l'univers. Les connaissances transmises de siècles en siècles ont longtemps permis aux villageois de vivre isolés dans une relative harmonie avec la nature. Le facteur identitaire de l'isolement autarcique a permis de définir la signature artistique, technologique et culturelle avec laquelle les paysans se sont approprié leur environnement pour développer le caractère ethnique auquel ils appartiennent. Les échanges entre groupes ethniques différents ont transformé le paysage social pour composer la trame urbaine des villes du monde moderne. A l'origine des villes, il y avait les villages dont la principale industrie était celle de la terre.

Cultiver pour manger, mais aussi s'habiller, se loger, s'embellir, dépasser le seuil des croyances pour mieux contrôler le pouvoir exercé sur la terre, les paysans sont devenus des gourous de la nature, producteurs plus que paysans, pour produire plus, vendre plus, exporter, exploiter et festoyer sur les ressources naturelles. Entre contrats à terme et nano agronomie, la paysannerie est devenue un sport qui se pratique en cravate entre deux pics de bourse de London à Tokyo. Coton, café, huile, chocolat, tout se produit et tout s'exporte, le thé, le sucre que l'on sirote dans les salons.

Le bon paysan d'autrefois qui savait le temps en regardant le ciel s'est éclipsé pour une Pépé qui nous fait la météo au 20 heures. Les enfants à l'école ne dessinent plus que des poulets morts, les vaches n'existent plus qu'en briques, et les cochons sont au Moulin Rouge avant de terminer dans le pâté. C'est ce qu'on appelle l'évolution.

 

L'évolution, mais à quel prix ? Yann Arthus Bertrand nous apporte des éléments de réponse dans son agenda 2007:
  • Pour travailler leurs terres, 80% des agriculteurs du monde ne disposent que d'outils manuels, 20% d'animaux de trait. Moins de 2% disposent d'un tracteur.
  • Dans le monde, 2% de la surface agricole est cultivée en agriculture biologique certifiée. Pourtant, on estime que 80% des agriculteurs de la planète n'auraient pas à changer leurs pratiques pour qu'elles soient labellisées "biologiques".
  • Avec les techniques actuelles de production agricole, la terre pourrait nourrir 12 milliards d'habitants. Or, 800 millions de personnes (13% de la population mondiale) souffrent de la faim dans le monde, alors que nous ne sommes que 6 milliards.
  • 70% de l'eau douce captée sur la planète est utilisée pour l'agriculture.
  • Moins de 10 pays se partagent 60% des ressources en eau douce du globe. 21 pays souffrent déjà de pénurie d'eau, 12 d'entre eux se trouvent au Proche Orient.
  • L'eau insalubre tue chaque année 5 millions de personnes. 40% de la population mondiale ne dispose pas d'un système d'assainissement des eaux usées.
  • 1 habitant de la planète sur 6 vit dans un bidonville.
  • Affaiblies par la malnutrition, la maladie ou la précarisation, 20000 personnes meurent chaque jour des conséquences de la misère.
  • Dans le monde, 80% des personnes souffrant de la faim sont des paysans.
  • Dans les villes du monde, 800 millions de personnes pratiquent l'agriculture urbaine.
  • Dans les pays en développement, le travail des femmes assure 2/3 de l'agriculture de subsistance, mais elles n'ont bien souvent aucun droit sur les terres.
  • En 30 ans, notre planète a perdu 30% de ses ressources naturelles.
  • Dans le monde, 13 millions d'hectares de forêts naturelles disparaissent chaque année, soit une superficie équivalente à celle de la Grèce.
  • Chaque année dans le monde, 10 millions d'hectares de terres arables sont gagnés par la désertification et deviennent inexploitables. C'est l'équivalent de la surface de la Belgique et des Pays-Bas réunis.

Si la terres s'était formée il y a un an exactement un 1er janvier, la vie serait apparue le 26 février, les dinausores auraient fait leur entrée le 11 décembre et se seraient éteints 2 semaines plus tard. L'Homo Sapiens sapiens, ne se serait présenté que la nuit du réveillon de la St Sylvestre, très tard dans la soirée. Quelques minutes après son arrivée, en une seconde, il aurait modifié les fragiles équilibres existant entre mers, terre et atmosphère.


Achetez-le pour en savoir plus
sur le développement durable !!!

 

Ce que la paysannerie d'autrefois savait que celle d'aujourd'hui ne sait plus, c'est le partage. Partage des moyens, des connaissances, des méthodes, des outils, et des ressources. L'eau des rivières avec l'irrigation a été un facteur de développement qui devient aujourd'hui une arme économique. La paupérisation des campagnes est devenue un facteur d'isolement accentué par l'exode vers les bidonvilles. Les paysans rustiques d'aujourd'hui sont ceux qui souffrent, chancèlent, et perdent pieds dans une modernité qui leur ôte jusqu'à l'essence d'être des hommes libres.

Notre philosophie dans le contexte international qui oppose le Nord au Sud, n'est pas de dire que "les autres ont besoin de nous", le Nord n'est pas un exemple pour le Sud. Notre philosophie est de dire que nous devons éduquer toutes les populations, des villes et des campagnes, à voir la paysannerie comme une chance au devenir d'une planète qui souffre, qui se réchauffe, se désertifie, et s'humanise à l'excès avec la disparition des espèces.

Notre philosophie nous ramène aux sources, principes d'Archimède, roues mécaniques, pompes éoliennes, puits artésiens, pour mettre en avant les savoirs populaires utiles aux populations désoeuvrées du monde. Par expérience nous savons que l'humanitaire n'est rien sans un minimum de l'écosophie paysanne qui caractérise le rapport du berger au troupeau, et c'est en tant que tel que nous concevons nos programmes et nos missions. L'écosophie définit l'attention avec laquelle nous portons notre regard sur le monde et ses peuples. Bienveillance, probité, circonspection, audace, prévoyance, respect, implication, recherche, impartialité et engagement volontaire sont les piliers de notre philosophie, ce à quoi nous pouvons ajouter que nous sommes économes et prudents. 

Top

NOTRE EXPERIENCE

Je n'avais aucune expérience humanitaire avant le tsunami, mais je connaissais très bien Sumatra pour y avoir longtemps voyagé seule, étudié l'histoire, la langue, les peuples, les techniques. Sumatra était ma passion de jeunesse, j'y avais des amis "conquis par le coeur" lorsque toute jeune, je voulais voir le pays des montagnes Batak. Sumatra symbolisait pour moi le bonheur de me réaliser comme jeune femme, aventurière, pétillante, curieuse, volontaire et seule. Je voulais me conquérir.

Bien avant que le tsunami ne frappe la côte Ouest de Sumatra, les orages, les vents, les séismes rappelaient au quotidien la fragilité des volcans, leur imbrication dans les tissus de la terre, leur pouls chaud comme les geysers et leurs somptueuses alchimies. Je me souviens de ciels de Payne, gris et roses délavés jetant la foudre à cinquante mètres du sol battu des tropiques. Je me souviens des montagnes rouges ruisselant le carmin du sang vif de la terre moite. Je me souviens de la violence des ravins, des rivières, des gouffres, des précipices... La peur au ventre j'ai parcouru le pays voyant la mort à tous les virages. J'ai vu la misère, je l'ai partagée dans les maisons de paysans.

Le tsunami a amplifié la vision de toutes les morts pour les montrer sur les écrans des salons des maisons particulières. La guerre était là, on ne la voyait pas, les séismes non plus. Sumatra jusqu'alors inconnue est devenue le centre du monde, convergence de tous les regards portés sur le chaos.

Mon pays de solitude est devenu le terrain d'entraînement des humanitaires du monde entier venus planter leurs drapeaux à mesure que les dollars faisaient vrombir les bourses de Tokyo, de Londres, de Paris et de New York. Sacrée opération. Aucune intervention humanitaire n'avait jamais mobilisé autant de dons, de pays, de bénévoles, de volontaires, de politiques, d'experts et de projets. Après l'urgence des charniers jetant les corps dans des fausses communes, le silence s'est installé pour penser l'avenir d'Aceh.

Il n'y a pas eu de deuil. Peu après avoir refermé les charniers, il a fallu nettoyer les routes, ouvrir les voies de circulations, les camps, et approvisionner les survivants en nourriture et en vêtements. La coordination réalisée par l'ONU s'est très vite adjointe des autorités locales pour penser la reconstruction en terme de développement. Zones constructibles, zones inondables, routes, dispensaires, mosquées, administrations, écoles... il a fallut repenser tout l'urbanisme des villages en fonction des facteurs de densité de la population. Certains villages dévastés à plus de 80% ont été reconstruits par des habitats temporaires tandis qu'ailleurs les camps dessinaient des villages et de nouvelles infrastructures faites pour durer.

Ma toute première expérience humanitaire s'est déroulée comme bénévole pour traduire le premier code de la construction Indonésien réalisé conjointement par l'UN-Habitat et la ville d'Aceh. Cette traduction m'a ouvert des portes jusqu'à l'obtention d'une mission pour l'ambassade de France. Mon expérience passée à Sumatra, mes connaissances de l'Indonésien et ma sensibilité pour le pays m'ont conduite sur un camp en total délabrement. Problèmes d'eau, tensions sociales, religieuses. L'atmosphère devenue explosive avait inquiété les autorités françaises. Plutôt que d'attendre un nouveau chaos, j'ai été missionnée pour intervenir mais sans ressources ni aucun budget.

Il a fallu que j'use de la faculté d'intelligence qu'ont toutes les blondes en souriant et en gardant le sens de l'humour.  J'ai donc coordonné les secours autour d'un simple goûter durant lequel j'ai préféré minimiser mon temps de parole. Au lieu de tergiverser en longs discours, j'ai mis une caméra entre les mains d'un jeune du camp, j'ai convoqué les anciens à siéger près de moi, et ensemble nous avons reçu les ingénieurs WATSON en amis. Les femmes ont servi les boissons, les enfants ont distribué les gâteaux. Chacun à sa manière a tenu un rôle décisif dans les négociations engagées entre "nous". Mon expérience se résume à cela, une forte capacité d'intégration et de dialogue pour impliquer les populations aux décisions qui les concernent. Le résultat à aboutit à 15 embauches sur le camp pour travailler au drainage, et une coordination orchestrée par les manoeuvres des hommes du camp. Il se sont impliqués, se sont intéressés et ont donné le meilleur d'eux même dans la réalisation de leur sauvetage.

... la suite est en cours d'écriture...

Top

NOTRE ENGAGEMENT ASSOCIATIF

(en construction) 

Top

LA CHARTE DE PAYSANS SANS FRONTIERES

(en construction) 

Top

LES MEMBRES DU BUREAU

 

Membres du bureau

4 sièges
Titulaires

Président

1 siège
Sandrine GERMAIN

Vice-président

1 siège
A pourvoir

Secrétaire

1 siège
A pourvoir

Trésorier

1 siège
Jean-Marc DUBOST

Membre fondateur

1 siège

Sandrine GERMAIN

1 siège

Top

LES MEMBRES DU CONSEIL D'ADMINISTRATION

(en construction) 

Représentants des membres adhérents

3 sièges
Titulaires

Représentant des adhérents non professionnels français

1 siège
A pourvoir

Représentant des adhérents professionnels français (distributeurs, artisans, vendeurs)

1 siège
A pourvoir

Représentant des adhérents professionnels étrangers (cultivateurs, artisans)

1 siège
A pourvoir

Représentants des membres volontaires

8 sièges
Titulaires

Représentants des volontaires aux études et audits (études socioéconomiques, ethnographiques, architecturales)

2 sièges
A pourvoir

Représentants des volontaires aux projets et à la création (membres des ateliers de création et de rurbanisme)

2 sièges
A pourvoir

Représentants des volontaires de terrain (chefs de chantiers, animateurs, accompagnateurs)

3 sièges
A pourvoir

Représentant des volontaires d'entreprises (touristes solidaires, stagiaires, coopérants techniques, consultants)

2 sièges
A pourvoir

Membres de fonctionnement

3 sièges
Titulaires

Représentant du secteur communication (budget publicités, affiches, démarchage)

1 siège
A pourvoir

Représentant du secteur gestion des stocks (stocks des petites fournitures et du matériel pour les ateliers, les stages, les conférences)

1 siège
A pourvoir

Représentant du secteur immobilier (maintenance et suivi de l'entretien des locaux utilisés par l'association)

1 siège
A pourvoir

 

Membres du bureau

4 sièges

Conseil d'administration

14 sièges

Total

18 sièges

POUVOIR DECISIONNEL
Bénévoles
Administratif
Exécutif
Représentants des membres adhérents
bureau
Membres de fonctionnement
Représentants des membres volontaires
3 sièges
4 sièges
3 sièges
8 sièges
3 sièges
7 sièges
8 sièges
16,6 %
38,8 %
44,4 %

Top

LES ADHERENTS QUI NOUS SOUTIENNENT

(en construction) 

Adhérents

Paysans

2

Artisans

Créateurs

Architectes

1

Ingénieurs

Professions médicales

Enseignement

1

Showbiz

Retraités

1

Etudiants

Membres bienfaiteurs

Nombre de membres

1

Groupes scolaires

Nombre de membres

Artisans et créateurs français

Nombre de membres

Distributeurs indépendants

Nombre de membres

Distributeurs associatifs

Nombre de membres

Distributeurs professionnels

Nombre de membres

Ecotourisme

Nombre de membres

Public des stages et conférences

Nombre de membres

Top

COMMENT NOUS VOYONS L'AVENIR

(en construction) 

Top

LA VIE DE NOS PROJETS

(en construction) 

Porteurs de projets

Etudiants

Jeunes chercheurs

Ecotouristes

 

Top

Copyright © Paysans Sans Frontières